Les holdings d’investissement viennent aussi sur le marché de l’Euro PP

Compte tenu de son remboursement in fine, l’Euro PP peut s’apparenter à une réserve de cash pour une société d’investissement.

L’Euro PP élargit progressivement sa palette. Plus souvent utilisé par des sociétés industrielles ou foncières, le marché du placement privé obligataire est également fréquenté par des holdings d’in-vestissement. Récemment, HLD, la société dirigée par Jean-Bernard Lafonta, a levé 40 millions d’euros, via un Euro PP coté à la Bourse de Luxembourg. Les fonds levés, notamment auprès d’assureurs, serviront uniquement au développement et à la croissance du portefeuille d’investis-sements de HLD dans des sociétés non cotées et pas à financer les dépenses de fonctionnement.

«L’Euro PP convient bien au stade de développement de HLD. De plus, le modèle est souple et permet de s’adresser à une large base d’investisseurs», explique Jean-Philippe Hecketsweiler, as-socié co-fondateur de HLD. L’émission a été structurée par Edmond de Rothschild et co-réalisée avec Aurel BGC.
Par le passé, Terisam, une holding d’Artemis (propriétaire de L’Agefi, ndlr), la Financière Agache ou bien encore Fimalac ont elles aussi émis des emprunts obligataires par placement privé, pour des montants beaucoup plus élevés. L’opération de HLD montre que l’Euro PP convient aussi à des dossiers de plus petite taille. Selon un banquier, d’autres sociétés d’investissement ont égale-ment eu recours ces derniers mois à un Euro PP sans vouloir rendre publique l’émission.

Compte tenu de son remboursement in fine, l’Euro PP s’apparente à une réserve de cash pour la société d’investissement en prévision de ses futures acquisitions. Pour les investisseurs, vu la re-lative originalité de ces émetteurs, c’est l’occasion d’encaisser un peu plus de rendement. L’Euro PP de HLD sert un coupon annuel de 5,65%, pendant 5 ans, avec un risque relativement contenu.

Les obligations émises par HLD contiennent ainsi trois covenants. Le premier porte sur la trésore-rie, dont le montant en fin d’année doit couvrir au moins deux années d’intérêt. La dette financière nette ne doit pas dépasser 30% de la valeur total des actifs. Enfin, le dernier covenant limite le ver-sement de dividendes ou de toute autre forme de distribution aux actionnaires tant que la dette nette est supérieure à 25% des actifs.

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